Le Hamas a assassiné son père et sa sœur, puis l’a prise en otage

Nous sommes le 7 octobre. L’année est 2025, mais pour Agam, chaque jour reste celui de cette matinée glaciale de 2023. Chaque jour, elle revit ce cauchemar.

07.10.25
Tsahal

Aujourd’hui marque les deux ans de la guerre des Glaives de fer.
Le 7 octobre 2023, des terroristes du Hamas et du Jihad islamique ont infiltré Israël par les airs, la terre et la mer, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages vers Gaza.

Agam Goldstein-Almog faisait partie de ces otages, arrachée à son foyer ce matin tragique. Aujourd’hui, elle revient dans sa maison toujours en ruines, au kibboutz de Kfar Aza, pour livrer son témoignage du 7 octobre et expliquer pourquoi, deux ans plus tard, Israël continue d’agir pour ramener les otages et démanteler le Hamas.

Agam n’avait que dix-sept ans lorsqu’elle a été enlevée. À 6 h 29, les sirènes ont retenti ; elle s’est réfugiée avec ses parents et ses trois frères et sœurs dans la pièce sécurisée de leur maison, où ils sont restés des heures.
« Nous avons commencé à comprendre que quelque chose de différent se passait dehors. » Par des amis, ils ont appris que des terroristes avaient infiltré les kibboutzim (communauté) voisins.

« Puis j’ai compris qu’ils étaient chez moi. »

La porte de la salle de bain à travers laquelle les terroristes ont tiré pour entrer dans la maison d’Agam 

Son père, encore affaibli par un accident de vélo survenu auparavant, s’est immédiatement levé pour tenter de bloquer l’entrée de la pièce sécurisée, « mais il était trop faible pour les en empêcher. »
Un homme innocent, sans défense, abattu sous les yeux mêmes de ses enfants.

Des jouets tachés de sang dans l’abri où le père d’Agam a été assassiné.

Encore tremblante après avoir vu son père se faire tuer, la famille reçut l’ordre de quitter la pièce sécurisée. En sortant, la sœur aînée d’Agam, submergée par la tragédie, s’évanouit. La mère d’Agam courut chercher de l’eau pour l’aider, tandis qu’Agam emmenait ses deux petits frères à l’extérieur, suivant les ordres des terroristes. En revenant pour secourir sa fille aînée, leur mère la découvrit allongée au sol, le visage criblé de balles.
« Ils ne lui ont même pas laissé une chance de se défendre. »

De gauche à droite : Agam, son père Nadav et sa sœur Yam.

En quelques minutes à peine, Agam a perdu son père et sa sœur, deux êtres sans défense, tués sauvagement, incapables de représenter la moindre menace ou même de tenter de se protéger.

Agam, sa mère et ses deux frères ont ensuite été arrachés de leur maison et emmenés de force à Gaza par les terroristes, qui ont volé la voiture de sa mère pour les transporter. « Nous étions terrifiés. Des civils à Gaza frappaient contre les vitres. Je voyais dans leurs yeux qu’ils voulaient nous tuer. »

Ils sont arrivés dans une maison apparemment ordinaire. Mais à l’intérieur, un puits menait à l’un des vastes réseaux de tunnels souterrains du Hamas. « Mes frères avaient peur d’y descendre, mais je leur ai dit que tout irait bien, qu’ils pouvaient passer après moi. »

Agam et ses deux petits frères en captivité, dans un tunnel du Hamas.

« Le tunnel était bas, étroit, sans air pour respirer, sans lumière du jour. »
Après quelque temps, ils ont été déplacés vers un appartement, où ils ont été retenus pendant cinq semaines. Leur geôlier était un instituteur, qui était aussi un terroriste du Hamas.

Lors des transferts, Agam se souvient que les terroristes portaient toujours des vêtements civils et les forçaient, elle et sa famille, à s’habiller de la même façon pour les faire passer pour des civils locaux, cherchant à les dépouiller entièrement de leur identité israélienne. Ils les faisaient circuler en pleine ville, les cachaient au milieu de bâtiments civils : des écoles, des mosquées, des marchés.

« Un jour, ils nous ont emmenés dans un supermarché et nous ont cachés là, au milieu de la vie quotidienne, entre les rayons, pendant des heures et des heures. »

Ses frères n’avaient pas le droit de jouer ensemble.
« Quand ils essayaient de dessiner, les terroristes prenaient leurs dessins, les déchiraient et les jetaient. »
Dès lors, ils leur furent interdits de se parler.

Quand ils avaient besoin de soins, les terroristes faisaient venir un homme qui prétendait être médecin, mais ne l’était pas.
« Il a fait semblant de m’examiner, m’a dit qu’il n’y avait rien d’anormal et que je serais bientôt libérée mais seulement si je restais tranquille. Cette libération n’est jamais venue. »

Agam se souvient de ce sentiment d’étouffement permanent.
« Je voulais faire mon deuil, je voulais un endroit pour pleurer, je voulais savoir ce qui s’était passé, qui avait été tué, qui avait été enlevé. Je voulais pouvoir maîtriser mes doutes. »

Avec un courage immense, Agam osait parfois défier ses ravisseurs.
« Je leur demandais : dites-moi, où dans le Coran est-il écrit qu’il est permis de tuer des innocents et d’enlever des hommes, des femmes et des enfants ? »

À chaque fois, ils restaient silencieux.
Car comment peut-on justifier un tel massacre ?

Agam a été déplacée à travers toute la bande de Gaza, découvrant de ses propres yeux comment le Hamas s’enracinait au milieu des civils. Dans les mosquées, elle voyait des gens prier le matin, puis, le soir même, des roquettes étaient tirées depuis ces mêmes lieux, sous les applaudissements de ceux qui les regardaient traverser le ciel vers Israël.

Le 26 novembre 2023, après cinquante et un jours de captivité, Agam et sa famille ont été libérées lors de la troisième phase du premier accord conclu entre le Hamas et Israël sur la libération des otages.
« C’était l’un de mes jours les plus effrayants à Gaza. »
Ils ont été déplacés de voiture en voiture, encerclés par des centaines de personnes qui les observaient et criaient.
« J’avais peur qu’on nous lynche. »

Plus que la joie ou le soulagement, c’est la peur qui dominait.
La peur de devoir affronter le deuil qui l’attendait dehors, de revivre la mort de son père et de sa sœur une nouvelle fois.
« Nous n’avons pas cru que c’était réel tant que cela ne s’est pas réellement produit, tant que nous n’avons pas vu les soldats de Tsahal se tenir là, devant nous, pour nous accueillir. »

Agam et ses petits frères à bord du vol de rapatriement vers Israël.

La partie la plus difficile de sa libération, raconte-t-elle, a été de devoir laisser derrière elle les autres filles avec qui elle avait été captive.
« Des filles de mon âge, tout aussi méritantes que moi. C’était impensable que je rentre chez moi et qu’elles restent là-bas. »

Le retour d’Agam en Israël, accueillie par ses proches.

Aujourd’hui, Agam confie que le retour à la vie reste une épreuve.
« Ma vie ne s’est peut-être pas arrêtée, mais elle ne sera plus jamais la même. »
Elle raconte sa première visite à Kfar Aza avec sa mère, face à leur maison détruite :
« C’est chez moi, mais c’est l’endroit le plus difficile où je puisse être pour l’instant. »
Autrefois pleine de souvenirs et de chaleur, la maison est désormais vide, tout comme la famille d’Agam, incomplète à jamais.

Les tombes de son père et de sa sœur ont été rapatriées au kibboutz de Kfar Aza il y a un peu plus de deux semaines. Une seconde cérémonie a été organisée, car la famille n’avait pas pu assister à la première, alors qu’elle était encore captive à Gaza.

« Il est important de rappeler au monde ce qui s’est passé, il y a deux ans jour pour jour. Personne ne peut comprendre ma douleur, et le monde oublie. Aujourd’hui encore, quand je vois ces manifestations antisémites à travers le monde, je me sens seule face à la terreur. »

« N’oubliez pas : il n’est pas normal de se réveiller avec des terroristes qui vous arrachent du lit alors que vous êtes encore en pyjama, qui tuent et enlèvent des innocents. »

La mission du monde n’est pas seulement de se souvenir du 7 octobre, mais de se tenir aux côtés de ces familles qui ont souffert aux mains du Hamas.