“Ils sont les seuls à savoir s’ils en sont capables ou non”

26.06.18
L’équipe éditoriale de Tsahal

 

Le caporal A. sert dans le déchiffrage des photographies aériennes à l'Unité 9900 de la Branche des Renseignements. Il a toujours su que quelque chose en lui était différent. “Mes parents et moi savions depuis des années que j’avais quelque chose différent, mais nous ne savions pas exactement ce que c'était” se rappelle le caporal A. “Quand j'écoutais une conférence au collège sur Asperger, je me disais , 'ça me ressemble.' "

Même si le caporal A. a été diagnostiqué du syndrome d’Asperger à l'âge de 16 ans, ça ne faisait aucun doute pour lui qu'il servirait dans l'armée. “J'étais exempté du service militaire, mais je voulais beaucoup m'engager” confie-t-il. “Je me sentais obligé envers ceux qui m'avaient protégé pendant toutes ces années.”

Après avoir cherché un programme qui lui est adapté, sa famille a trouvé le programme "Roim Rachok" (lit. “Voir au loin”) conçu pour intégrer les soldats sur le spectre autistique dans des professions au sein de Tsahal où ils ont un avantage relatif, comme le décodage de photographies aériennes, l'informatique, les logiciels d'assurance qualité, l'électronique et l'optoélectronique.

Le caporal A. sert dans l’armée dans un rôle clé de l'Unité 9900, au sein d’un département unique de soldats ayant le syndrome d’Asperger et dont les compétences de perception développées sont un atout. Dans ce département, les soldats collectent des informations visuelles sur le terrain et décodent des photographies aériennes, ce qui permet de créer une image complète du renseignement dans la région.

"La chose la plus difficile pour moi est de me sentir inutile. Je sais que si je regarde quelque chose suffisamment longtemps, je le comprendrai, je n'abandonnerai pas, je suis le genre de personne qui ne s'arrête pas et je savais que si je m'enrôlais dans l’armée, je ferais un service complet. Il n'y a aucun moyen que j’abandonne, ce n'est pas une option pour moi." Cet état d’esprit vient de la maison. "Ma mère a servi dans les Renseignements", révèle-t-il avec un sourire. "Je ne suis pas arrogant, mais c'est spécial de suivre ses traces."

“Avant, lors de grandes réunions, je m'asseyais sur le côté en espérant que quelqu'un vienne me parler”, se rappelle le caporal A. Mais il dit les choses ont changé lors de la première réunion du programme. "Je me souviens avoir réalisé que c'était la première fois que je rencontrais des gens sur le spectre. Parce que tout le monde était comme moi, je n'avais pas peur d'y aller et aujourd'hui je suis toujours ami avec tous ceux qui étaient dans mon cours."

Des membres du personnel du programme “Roim Rachok” viennent à l'unité chaque semaine et s’entretiennent avec les soldats du programme et leurs commandants pour les aider à faire face aux défis spéciaux auxquels ils sont confrontés au cours de leur service.

Lors des événements de la fête de l'indépendance de cette année, le caporal A. a fièrement représenté le programme dans une vidéo projetée lors de la cérémonie d'excellence du président. “Cette année, il a reçu une médaille d'excellence pour son unité et ce n'est que le début de sa carrière” a déclaré le lieutenant A., commandant du caporal A. “Le but du programme est d'intégrer les soldats dans l'armée afin qu'ils puissent contribuer et donner ce qu'ils ont, car ils ont énormément de connaissances.”

“Souvent, lorsque les gens sont dans la même situation que moi, on leur dit d'abord qu'ils ne peuvent pas le faire, qu'ils ne sont pas capables”, conclut le caporal A. Je veux qu'ils sachent que les seuls qui peuvent décider s'ils sont capables ou non ce sont eux-mêmes.”