Ces commandants forment les soldats qui protègent Israël

Quel soldat ne se souvient pas de son commandant et de l’influence qu’il a eu sur lui ? Nous sommes partis à la rencontre de trois commandants de différentes brigades et ils nous ont confié leur vision d’un “bon commandant” prêt à tout pour ses soldats. Entre histoires personnelles, éthique militaire et expériences uniques, ces commandants forment jour après jour ceux qui protègent Israël et ses habitants.

02.07.18
L’équipe éditoriale de Tsahal

Le lieutenant Dan est commandant de section au sein du Bataillon Harouv, devenu depuis peu l’unité d’élite de la Brigade Kfir. “J’ai commencé mon service dans la Brigade Parachutiste en 2014 puis je suis sorti en cours d’officiers et j’ai eu l’opportunité de pouvoir être l’un des premiers commandants du Bataillon Harouv en tant qu’unité d’élite” raconte-t-il.

Le lieutenant Dan

Être commandant et officier était pour lui une évidence. Il raconte avec émotion et conviction la raison pour laquelle il a voulu donner davantage à Tsahal. “Un bon commandant c’est celui qui sait faire de ses soldats la meilleure version d’eux-mêmes,” explique-t-il “j’ai eu des commandants extraordinaires qui m’ont beaucoup influencé et touché émotionnellement et j’ai vu comment ils ont changé la vie de certains soldats de mon équipe. J’ai voulu suivre leur exemple.”

Certains de ses soldats ont décidé de suivre son parcours et sont eux-mêmes devenus des commandants. Le lieutenant Dan raconte les valeurs qu’il a inculqué à ses soldats et confie qu’il ne s’attendait pas à avoir autant d’impact sur eux. “C’est très spécial de recevoir des civils, d’en faire des soldats, puis des combattants, puis des commandants, c’est un cycle complet très significatif !” dit-il avec émotion. Il poursuit en expliquant l’importance qu’il accorde à l’équilibre entre le côté humain et le côté opérationnel. “Des fois il faut savoir parler à ses soldats, pas en tant qu’un commandant avec un grade mais comme une personne humaine qui peut aussi les comprendre.”

Malgré les difficultés de son poste, ce sont ses propres soldats qui lui donnent la force et l’envie de poursuivre son engagement. “Ce que j’aimais bien faire lorsque j’emmenais mes soldats sur le terrain c’est de m’arrêter en chemin devant une plante et de parler de ses propriétés. Un jour je me suis arrêté devant une plante qui s’appelle la Gundelia. C’est une plante vraiment horrible, piquante... Puis j’ai retiré les épines, j’ai coupé la plante et j’ai donné un morceau à chacun de mes soldats. En réalité c’est une plante qui a le goût de concombre un peu sucré. Ce que je faisais toujours à la fin d’une journée c’est de passer quelques minutes avec chacun de mes soldats et l’un d’entre eux m’a dit “c’est la journée la plus significative que j’ai passé. La plante qu’on a goûté tout à l’heure, j’ai vraiment fait le rapprochement avec les personnes qui sont ici. Quand je suis arrivé les premiers jours, les autres soldats me paraissaient être antipathiques, mais depuis que je suis avec eux et que j’apprends à les connaître je comprends que c’est totalement l’inverse et qu’ils sont en réalité des personnes avec un bon fond, comme la Gundelia”

 

Pour le lieutenant Pavel, la motivation d’être commandant est venue d’une toute autre personne. Aujourd’hui commandant-adjoint de la Compagnie Keter (une compagnie de la police militaire aux points de contrôle), il se souvient de ses débuts à l’armée. “Je ne voulais pas rejoindre l’armée et encore moins lorsque j’ai su où j’allais m’enrôler. Je ne savais pas ce qu’était la police militaire, ce béret bleu… “ Puis au centre d’incorporation [bakoum], j’ai rencontré une officier qui s’appelle Lior qui m’a parlé de ce qu’était vraiment la police militaire, elle m’a tout expliqué comme une maman et m’a fait réaliser l’importance de ce poste” raconte-il avec nostalgie.

Le lieutenant Pavel

Le lieutenant Pavel sait que ses efforts contribuent à la sécurité d’Israël. “Les policiers militaires aux points de contrôle protègent jour après jour les habitants d’Israël en déjouant tout attentat et tout passage illégal d’armes en Israël. Ils effectuent des contrôles 24/7 afin de protéger les habitants du pays.” Lorsqu’il a rejoint la police militaire et a constaté par lui-même l’importance de ce poste, ses défis et ses responsabilités, il a directement voulu sortir en cours d’officiers. “Je voulais vraiment impacter les gens comme Lior l’a fait avec moi” confie-t-il.

Mais le lieutenant Pavel sait que son poste de commandant-adjoint de toute la compagnie Keter a bien plus de valeur qu’il ne le pensait au début. “ J’ai vu des soldats qui ont envie de donner toujours plus d’eux-mêmes et qui sortent en cours d’officiers pour donner davantage pour la sécurité d’Israël.” Après avoir parcouru tout ce chemin, Pavel est aujourd’hui commandant-adjoint depuis un an et demi et explique que le plus important dans cette fonction est de montrer de l’intérêt pour ses soldats, d’en être responsable, de s’occuper de leur bien-être non seulement à la base mais aussi en dehors.

 

La lieutenante Mihal est quant à elle commandante du cours Tagat à la base de Mirvé Alon. Ce cours d’une durée de six mois permet aux soldats qui n’auraient pas eu le bac de pouvoir suivre des cours dans six matières différentes et à l’issue de cette formation ils pourront passer l’examen et obtenir le baccalauréat.

La lieutenante Mihal

La lieutenante Mihal explique qu’elle est sortie en cours d’officiers car elle a beaucoup à donner. “Plus que le commandement et le côté opérationnel, je m’occupe avant tout ici d’éducation et les deux combinés ça donne vraiment quelque chose d’incroyable (...) Les soldats qui suivent le cours Tagat ont abandonné le lycée, donc il faut trouver le moyen de les motiver à retourner dans un cadre d’études où on s’assoit sur une chaise et où on écoute un cours et c’est justement ce que ces soldats ont fui.”

Elle poursuit en décrivant que malgré les défis, occuper ce poste de commandante est comparable à la gestion d’une école. “ Quand on est ici, il faut l’être à 100%. Être commandante c’est aussi faire attention à ses soldats, je dois être responsable des gens qui sont sous mes ordres. C’est faire attention que le cadre que je gère se déroule de la meilleure manière possible.”

La lieutenante Mihal a compris que malgré les responsabilités qui lui incombe, elle voit que ce qu’elle donne à ses soldats et les valeurs qu’elle leur inculque chaque jour ont porté leurs fruits. “Au début de mon service j’étais à la base de Havat Hashomer et j’ai aussi été commandante d’une section là-bas. Puis lorsque je suis passée commandante de compagnie j’ai été affectée à la base de Mihvé Alon. J’ai eu dans le cours Tagat des soldats dont j’ai été la commandante au début de leur service à Havat Hashomer. J’ai vraiment vu dans cela un cycle complet. J’étais avec eux au début de leur service, quand ils ne croyaient pas du tout en eux-mêmes et je les retrouve à la fin de leur service ici. Quand j’ai vu à quel point ils ont mûri et même ont fait un travail sur eux-mêmes, j’ai ressenti que j’avais vraiment fermé un cycle, c’était tellement satisfaisant !”

La base d'entraînement Mihvé Alon

Dan, Pavel, Mihal… Chaque jour, ces commandants ont la responsabilité des soldats de Tsahal. Ils leur inculquent les valeurs de l’armée de la meilleure manière possible. En alliant le côté humain, éducatif et opérationnel, ou en leur faisant prendre conscience de l’importance de leur travail, ces commandants forment ceux qui nous protègent au jour le jour et donnent leur vie pour la sécurité du pays.